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En collaboration avec le Festival interculturel du conte du Québec 2005, deux conteurs du Maghreb se sont assis sous la tente de Atigh, l’hôte de La Khaïma et nous ont emmenés, le premier à la cour des sultans mamlouks d’Égypte le 24 octobre, le second dans le désert du sud du Maroc, le 25 octobre. Rachid Akbal, originaire d’Algérie, est parti des écrits érotiques d’Ali al-Baghdâdî, poète arabe de la première moitié du XIVe siècle, qui semblait avoir tenu un rang honorable à la cour de l’époque. Les sultans mamlouks, hommes de guerre achetés comme esclaves et partis à la conquête du pouvoir ont d’ailleurs inauguré leur dynastie par une femme, Chadjar al-Dourr, la seule sultane de l’histoire musulmane. Rachid s’est inspiré de ces histoires succulentes, drôles et montrant la ruse des femmes pour tromper leurs maris, pour nous offrir un spectacle tout en sensualité, rires et jeux de l’amour. Des aventures rocambolesques de l’épouse d’un marchand avec un jeune adolescent aux manigances d’une autre femme pour justifier l’utilisation dangereuse d’une pièce de monnaie chez l’épicier, Rachid a su nous envoûter et nous séduire. Il a même réussi à nous faire chuchoter quelques-unes de ces phrases osées. Hamed Bouzzine, originaire du sud du Maroc, fait partie de la race de ces seigneurs du désert, dont il s’inspire, pour nous partager les histoires que sa mère et sa grand-mère lui racontaient. Le public n’était pas nombreux ce soir-là, à cause de cette pluie battante qui s’abattait sur Montréal. Mais qu’à cela ne tienne. Hamed a pris une de ses sanzas ou kalimbas (piano à pouce africain) et a commencé à nous chanter et à nous conter l’histoire du rossignol de chine et du roi. Puis il a continué par quelques fragments de son épopée touareg, en cadeau pour Atigh, qui s’est retrouvé directement dans son petit coin de pays, la Mauritanie. Et finalement, quoi de mieux que de finir cette magnifique soirée avec les facéties de Jo’ha le fou-sage. Un grand merci, à Hamed et à Rachid, d’être passés par La Khaïma. La tente vous restera à jamais ouverte. |
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© Maison internationale du conte